Conquête française
Attaque d'Alger par l'amiral Dupperé, le 13 juin 1830. La conquête de l'Algérie fut longue et particulièrement violente puisqu'elle s'est traduite par l'extermination de près du tiers de la population algérienne. L'armée française l'a soumise village après village, mais il faut préciser que ce qui caractérise la colonisation de l'Algérie et tient lieu de particularité est qu'il s'agit d'une colonie de peuplement.
En 1794, lorsque la France révolutionnaire était attaquée par les puissances européennes coalisées, et éprouvait des difficultés à nourrir sa population et ses soldats. Le dey d'Alger Hussein offrit à la Convention toutes facilités pour faire ses achats de blé, consentant aussi par la suite sous le directoire un prêt d'argent sans intérêts. La guerre terminée, les régimes qui se succèdent n'honorent pas la dette, et quand la France redevient royaliste la dette est revue à la baisse et payée mais à Paris à la caisse des dépôts et consignations. Cependant, un nombre important de créanciers vrais ou supposés, des commerçants livournais qui avaient servi d'intermédiaires se manifestent alors. Ainsi, sous couvert de satisfaire leurs réclamations, on avait « rendu légale sa spoliation ». Le dey est donc en froid avec le consul de France car il comprend qu'il ne récupérera pas son argent, et que les livraisons de blé ne lui seront jamais payées.
L'Algérie et le Maghreb avant la conquête française, publiée en 1843. En 1827, le dey d'Alger découvre que la France avait fortifié à l'extrémité est de la Régence à La Calle un entrepôt dont elle avait la concession pour faire du commerce, et qu'elle s'était engagé à ne pas fortifier. N'obtenant pas d'explications de la part du gouvernement français, le 30 avril 1827 le dey en demanda verbalement au consul de France. Le consul ignorant ouvertement sa demande, celui-ci s'emporta alors, injuria, et finalement donna au « représentant de la France » un coup de son éventail. Si l'on s'en réfère à Robert Louzon, militant anticolonialiste engagé, c'est donc bien l'affaire des fortifications de La Calle et non simplement la dette restée impayée qui était à l'origine de la colère du dey d'Alger. Le gouvernement de la restauration et Charles X, soucieux de redorer l'image de la France à l'étranger et de renforcer l'autorité royale en France, trouvèrent alors dans cet incident – un outrage à la France par le biais de son « représentant », le consul – un prétexte pour intervenir militairement.
Entre le 11 et le 18 mai 1830, quelque 37 000 hommes répartis dans 675 bâtiments affrétés par l'entreprise Seillière, c'est-à-dire toute la marine française de l'époque, embarquèrent pour conquérir la bande côtière de l'ancienne régence, par la suite unifiée sous le nom d'Algérie. Le débarquement eut lieu le 14 juin 1830 à Sidi-Ferruch et, le 5 juillet, les troupes françaises du général Louis Auguste Victor de Ghaisne de Bourmont firent leur entrée dans la forteresse d'Alger, le dey capitula le jour même.
L'émir Abd el-Kader, grand penseur soufiste et chef de la résistance algérienne.
Lalla Fatma N'Soumer, figure de la résistance à l'armée coloniale françaiseMais la France se heurte à l'ouest à l'émir Abd el-Kader et à l'est aux tribus berbères dont celles de Kabylie menées par Lalla Fatma N'Soumer. La France entame des négociations avec l'émir Abd el-Kader en 1834 et en 1837, date à laquelle est signé le traité de Tafna. Mais en 1839, Abd el-Kader déclare la guerre à la France considérant l'expédition aux "Portes de fer" (dans la chaîne des Bibans en Kabylie) par l'armée française comme une violation de traité. En mai 1843, la smala et le fameux trésor d'Abd el-Kader sont aux mains des Français.
En 1847, Abd el-Kader déposa les armes et se rendit, l'armée française d'Afrique contrôle alors tout le nord-ouest de l'Algérie. À l'issue de la bataille de Zaatcha, dans les Aurès, en 1848, le Constantinois est conquis. Entre 1849 et 1852, la domination s'étend à la Petite Kabylie. En juillet 1857, les tribus de Grande Kabylie se rendent, et la capture de Lalla Fatma N'Soumer met un terme à la résistance mais les kabyles se soulèveront encore jusqu'au début des années 1870. La conquête du nord de l'Algérie est alors achevée. Dans le sud, la prise de Laghouat et de Touggourt, la soumission des Beni-M'zab du Mzab (1852) et celle du Souf, reculent les limites de l'Algérie jusqu'au grand désert.
Ce n'est qu'après un ultime soulèvement, en 1871, par des tribus de Kabylie, lors de la révolte dite « des Mokranis », que la mission de « pacification » s'achève. Elle a fait près d'un million de morts, civils la plupart du temps, la perte démographique se concentrant en particulier sur les six dernières années de la conquête comme le fait remarquer le démographe R. Ricoux.
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